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Le Parc des Virunga menacé par l’exploitation du pétrole

Pour exploiter les richesses de la planète, l’homme est prêt à tout, même à toucher à un parc consacré patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Parc national des Virunga est situé en République démocratique du Congo non loin des frontières avec le Rwanda et l’Ouganda. Il est le plus vieux parc naturel d’Afrique. Il y a plusieurs années, du pétrole a été découvert dans le sous-sol du parc. Aussitôt, les grandes compagnies pétrolières se sont intéressées au dossier. Elles sont soutenues par l’Etat congolais qui a octroyé des permis d’exploration, alors même que la loi du pays interdit normalement ces explorations. Depuis, plusieurs ONG ont porté l’affaire dans les médias et luttent sans cesse contre cette menace qui n’est pas la seule.

Le plus vieux parc naturel d’Afrique

En 1925, alors que la République démocratique du Congo est encore une colonie belge, le Parc national des Virunga est créé. Au départ, il s’intitulait Parc Albert. Situé dans l’extrémité est du pays, frontalier avec l’Ouganda et le Rwanda, ce parc naturel est le plus vieux du pays, mais également du continent africain. D’une superficie de 790 000 ha, le Parc national des Virunga regroupe une faune et une flore exceptionnellement riche. Il intègre également une grande partie du lac Edouard.

En 1979, ce parc est consacré patrimoine mondial de l’UNESCO et en raison de sa biodiversité. En 1996, il est également désigné Ramsar, c’est-à-dire qu’il fait partie de la convention relative aux zones humides d’importance internationale.

Parmi les espèces animales présentes dans ce parc on peut rapidement évoquer les éléphants, les gorilles des montagnes et diverses autres espèces protégées et/ou menacées.

Volcanoes National Park, Virunga Mountains, Rwanda

Des richesses au-delà de la faune et la flore

Pendant longtemps le Parc national des Virunga a été tranquille sans qu’aucune menace ne vienne déranger cette tranquillité. Cependant, ce parc présente plusieurs aspects susceptibles de le menacer. Sachant que la menace est toujours la même : l’homme. A croire que l’on aime détruire ce que l’on crée. Déjà que sa densité de population (400 hab/km²) est relativement élevée pour l’Afrique, ce qui menace l’équilibre du parc. Celui-ci est également une cible de l’homme pour ses ressources naturelles. On constate notamment une forte déforestation qui vient bouleverser la biodiversité du site.

D’ailleurs, depuis 1994 le Parc national des Virunga est inscrit dans la liste du patrimoine mondial en péril. Cela signifie que certains éléments menacent les caractéristiques qui permettent de consacrer le site dans le patrimoine mondial de l’UNESCO. Ainsi, pour le Parc national des Virunga les éléments menaçants sont la déforestation et la détérioration. Si rien n’est fait pour lutter contre ces menaces, la biodiversité du parc sera considérablement détruite.

La menace du pétrole

Alors que la détérioration du parc est toujours en cours, et que ce dernier fait toujours partie de la liste des sites en péril, une nouvelle menace apparait. Il s’agit bien évidemment du pétrole. Ce dernier pourrait rapporter tellement d’argent que dans un premier temps l’Etat congolais n’a pas hésité à donner son autorisation, en 2009, pour délivrer des permis d’exploration sur 85 % de la superficie du parc. Aussitôt trois grosses compagnies pétrolières se sont jetées sur la poule aux œufs d’or : le Français Total, l’Italien Eni et le Britannique Soco. De nombreuses ONG ont immédiatement réagi dont Greenpeace et WWF pour ne citer que les plus connues.

Dans un premier temps Total et Eni ont annoncé qu’ils ne feraient pas d’exploration, mais pas Soco. De plus, récemment, Total aurait repris ses activités d’exploration non loin de la réserve. Soco a lui déjà effectué des tests sismiques à l’intérieur du parc, attestant l’existence de pétrole. Cependant, le permis de Soco s’est expiré et aucun renouvellement n’a été fait, et le groupe affirme se retirer. D’autres compagnies s’intéressent au pétrole situé dans la zone et ses environs. On trouve notamment le groupe Oil of Congo et le groupe chinois CNOOC.

Pour le moment impossible de savoir si l’Etat congolais va céder face aux lobbys pétrolier, ce qui serait une catastrophe pour le Parc national des Virunga. Cela serait une énorme source de revenus pour ce pays et pourrait permettre de relancer l’économie alors que la misère est très présente. Néanmoins, cette exploitation pourrait raviver les conflits avec les Etats voisins et complètement détériorer le parc. Sans oublier que le gouvernement congolais perdrait sûrement l’aide financière que l’Union Européenne octroie pour la renaissance du parc.

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