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Faut-il mettre une couverture à son cheval en hiver ? Tondu, au pré, âgé : comment décider sans se tromper

Couvrir ou ne pas couvrir ? Chaque hiver, la question divise les écuries. Un cheval en bonne santé supporte très bien le froid, mais certains ont vraiment besoin d'aide. Comment savoir lequel est le vôtre, choisir le bon grammage et éviter les erreurs.

La rédaction • •6 min de lecture
Cheval bai portant une couverture d'extérieur vert foncé dans un paddock givré, un matin d'hiver ensoleillé
Cheval bai portant une couverture d'extérieur vert foncé dans un paddock givré, un matin d'hiver ensoleillé

À la première nuit de gel, le débat reprend dans toutes les écuries. D’un côté, ceux qui couvrent dès que le thermomètre baisse. De l’autre, ceux qui jurent qu’un cheval est fait pour vivre dehors sans artifice. Les deux camps ont en partie raison : tout dépend du cheval, de son mode de vie, de sa tonte et de la météo.

La couverture n’est ni un luxe ni une obligation. C’est un outil, qui rend de vrais services à certains chevaux et peut en gêner d’autres. Voici comment le cheval gère le froid, quels chevaux ont réellement besoin d’être couverts, et comment choisir et utiliser une couverture sans créer de nouveaux problèmes.

Le cheval est bien équipé contre le froid

Le cheval est un animal de steppe, adapté à des hivers rudes. Il dispose de plusieurs mécanismes efficaces :

  • Le poil d’hiver : plus long et plus dense, il pousse à l’automne quand les jours raccourcissent. Le cheval peut le gonfler pour emprisonner une couche d’air isolante contre la peau.
  • La digestion du fourrage : la fermentation des fibres dans le gros intestin produit beaucoup de chaleur. Le foin est littéralement le chauffage interne du cheval.
  • Les réserves de graisse, qui isolent et fournissent de l’énergie.
  • Le comportement : se mettre dos au vent, chercher un abri, se regrouper avec les congénères.

Un cheval adulte en bonne santé, avec son poil d’hiver, un abri et du foin à volonté, supporte donc bien des températures négatives.

Le vrai ennemi : la pluie et le vent

Le froid sec est rarement un problème. En revanche, quand la pluie trempe le poil jusqu’à la peau et que le vent souffle, le poil s’aplatit, perd son pouvoir isolant, et le cheval se refroidit vite. Une journée à quelques degrés, sous la pluie et dans le vent, est souvent bien plus éprouvante pour lui qu’une nuit claire à moins cinq.

Un abri accessible (haie épaisse, stabulation, cabane de pré) protège souvent mieux un cheval rustique qu’une couverture. Si votre cheval vit au pré sans abri, la couverture imperméable devient beaucoup plus utile.

Quels chevaux ont besoin d’une couverture ?

Situation Couverture ? Pourquoi
Cheval adulte, non tondu, au pré avec abri et foin Souvent inutile Il gère seul le froid avec son poil d’hiver
Cheval non tondu, au pré sans abri, pluie froide et vent Couverture imperméable légère utile Protéger le poil de la pluie
Cheval tondu (totalement ou partiellement) Oui Il a perdu son isolation sur les zones tondues
Cheval âgé, maigre ou en mauvais état Souvent oui Moins de réserves, moins de capacité à produire de la chaleur
Cheval malade ou convalescent Oui, selon avis vétérinaire Économiser son énergie
Race à poil fin (pur-sang, certains chevaux de sang) Souvent oui Poil d’hiver peu développé
Cheval au box, poil d’été conservé Selon la température de l’écurie Il n’a pas développé de poil d’hiver
Cheval arrivant d’une région plus chaude Oui, la première saison Pas encore acclimaté

Le cheval âgé mérite une attention particulière : il maigrit plus facilement en hiver et perd parfois sa capacité à muer normalement. Si votre cheval âgé garde un poil anormalement long et bouclé, pensez au syndrome de Cushing équin, une maladie hormonale fréquente qui modifie justement la gestion du pelage.

Les erreurs les plus fréquentes

Trop couvrir

C’est l’erreur numéro un, souvent faite par affection. Un cheval sur-couvert transpire sous sa couverture. Le poil humide se refroidit ensuite, et le cheval finit par avoir plus froid qu’avant. La couverture trop chaude, laissée par une journée douce ou ensoleillée, est un vrai inconfort.

Couvrir trop tôt

Couvrir dès les premières fraîcheurs d’automne, avant que le poil d’hiver ne soit installé, freine sa pousse : le cheval n’a plus besoin de s’adapter. Vous devenez alors dépendant de la couverture pour tout l’hiver.

Une couverture mal ajustée

Trop petite, elle comprime les épaules et le garrot et provoque des frottements, voire des plaies. Trop grande, elle glisse, tourne et le cheval peut se prendre une patte dans les sangles. Mesurez votre cheval du milieu du poitrail jusqu’à l’arrière de la cuisse, et vérifiez qu’on glisse une main à plat au garrot et aux épaules.

Ne jamais l’enlever

Une couverture laissée en place des jours durant masque tout : amaigrissement, frottements, problèmes de peau. Retirez-la au moins une fois par jour pour inspecter le cheval et vérifier son état corporel.

Couvrir un cheval mouillé avec une couverture non respirante

Un cheval trempé ou en sueur couvert d’une couverture qui ne laisse pas passer l’humidité reste humide pendant des heures. Séchez-le d’abord, ou utilisez une séchante avant de mettre la couverture d’extérieur.

Choisir la bonne couverture

Les grands types

  • Imperméable sans garnissage : protège de la pluie et du vent sans ajouter de chaleur. Idéale pour un cheval rustique non tondu au pré.
  • Légère, moyenne, chaude : selon le grammage du garnissage isolant. Plus il est élevé, plus la couverture tient chaud.
  • Couverture d’écurie : pour le box, non imperméable, plus légère et respirante.
  • Séchante : en tissu absorbant, pour sécher un cheval après le travail ou la douche.
  • Couvre-cou : utile pour un cheval tondu ou très frileux, en complément.

Le bon réflexe : plusieurs couvertures

Plutôt qu’une seule couverture très chaude pour tout l’hiver, mieux vaut disposer de deux ou trois modèles de grammages différents, et les alterner selon la météo. Les écarts de température entre le matin, l’après-midi et la nuit, ou d’un jour à l’autre, sont parfois importants.

Vérifier qu’il n’a ni trop chaud ni trop froid

Glissez la main sous la couverture, au niveau des épaules et derrière le garrot :

  • tiède et sec : parfait ;
  • chaud et humide : il transpire, la couverture est trop chaude ;
  • froid : il faut plus chaud, ou plus de foin, ou un meilleur abri.

Le foin et l’eau avant la couverture

Par grand froid, le premier réflexe n’est pas de rajouter une couche, mais d’augmenter la ration de fourrage. La digestion du foin produit de la chaleur pendant des heures, bien plus efficacement que les céréales. Un cheval qui a accès à du foin en permanence passe l’hiver dans de bien meilleures conditions.

L’eau est l’autre point critique. Un cheval qui boit moins parce que son abreuvoir est gelé, ou que l’eau est glaciale, s’expose à des coliques. Cassez la glace plusieurs fois par jour, et proposez si possible une eau qui n’est pas glacée. Surveillez aussi la qualité du foin : un fourrage poussiéreux, au box fermé en hiver, peut aggraver un asthme équin.

L’essentiel pour décider

Posez-vous trois questions simples :

  1. Mon cheval a-t-il son poil d’hiver intact, ou a-t-il été tondu ?
  2. Est-il en bon état corporel, jeune ou adulte, en bonne santé ?
  3. A-t-il un abri pour se protéger de la pluie et du vent, et du foin à volonté ?

Si les trois réponses sont oui, votre cheval n’a probablement pas besoin de couverture, sauf éventuellement une imperméable légère lors des épisodes de pluie froide et de vent. Si une seule réponse est non, la couverture devient un vrai soutien, à condition de bien la choisir, de bien l’ajuster et de l’adapter chaque jour au temps qu’il fait. Observer son cheval reste, en toute saison, le meilleur thermomètre.

Vos questions

+ Un cheval a-t-il froid en hiver ?

Beaucoup moins qu'on ne l'imagine. Le cheval est bien adapté au froid : son poil d'hiver épais se gonfle pour retenir l'air, et la digestion du fourrage produit de la chaleur en continu. Un cheval en bonne santé, avec son poil d'hiver, un abri et du foin à volonté, supporte bien les températures négatives. C'est surtout l'association de la pluie et du vent qui le met en difficulté.

+ Comment savoir si mon cheval a froid ?

Glissez la main sous le poil ou sous la couverture, au niveau du garrot, des épaules et des reins : la peau doit être tiède et sèche. Un cheval qui a froid peut frissonner, se tenir dos au vent, la queue serrée, rester immobile ou se regrouper avec les autres. Les oreilles froides seules ne sont pas un indicateur fiable.

+ Quel grammage de couverture choisir ?

Le grammage indique la quantité de garnissage isolant. On distingue en général les couvertures imperméables sans garnissage, contre la pluie, les couvertures légères, moyennes et chaudes. Le choix dépend du cheval, de sa tonte, de la région et de la météo du jour. Mieux vaut plusieurs couvertures de grammages différents, à alterner, qu'une seule très chaude laissée tout l'hiver.

+ Faut-il couvrir un cheval tondu ?

Oui. En retirant tout ou partie du poil d'hiver, la tonte supprime l'isolation naturelle du cheval sur les zones tondues. Un cheval tondu doit être couvert dès qu'il ne travaille pas, au box comme au pré, avec un grammage adapté à l'étendue de la tonte et à la température.

+ Mettre une couverture empêche-t-il le poil d'hiver de pousser ?

Couvrir tôt en saison, avant que le poil d'hiver ne soit installé, tend à limiter sa pousse, puisque le cheval n'a pas besoin de s'adapter au froid. Si vous voulez que votre cheval vive au pré sans couverture, laissez-le développer son poil à l'automne, avec un abri, et réservez la couverture imperméable aux épisodes de pluie froide et de vent.

+ À quelle fréquence retirer la couverture ?

Retirez-la au moins une fois par jour pour vérifier l'état de la peau, détecter frottements, blessures ou pellicules, et contrôler l'état corporel du cheval. Une couverture masque très bien un amaigrissement. Adaptez aussi le modèle à la météo : une couverture chaude par une journée douce et ensoleillée fera transpirer le cheval.

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