Assurer un chien ou un chat déjà malade : que couvre vraiment une assurance pour les maladies antérieures à la souscription ?
Allergie, otites à répétition, arthrose, diabète : votre animal a déjà un problème de santé et vous voulez l'assurer ? Ce que les contrats excluent presque toujours, ce qui reste couvert, et les pièges à éviter avant de signer.
Votre chien a des otites à répétition, votre chat a déjà fait un calcul urinaire, votre vieux compagnon commence à montrer des signes d’arthrose. Les frais vétérinaires s’accumulent, et vous vous dites qu’il est temps de souscrire une assurance santé. Bonne idée, à condition de savoir exactement ce qu’elle couvrira.
Car en assurance animale, la règle est presque universelle : ce qui existe avant la signature n’est pas couvert. Cela ne rend pas l’assurance inutile pour un animal déjà suivi, loin de là. Mais il faut comprendre où passe la frontière, éviter les erreurs qui peuvent coûter cher, et repérer les clauses qui font toute la différence entre deux contrats en apparence identiques.
Le principe : on assure un risque, pas un problème déjà là
Une assurance repose sur l’aléa : elle couvre un événement incertain, qui peut survenir ou non. Une maladie déjà diagnostiquée, déjà traitée ou dont les symptômes étaient déjà présents n’est plus un aléa. C’est pourquoi les contrats santé pour chiens et chats excluent presque tous les maladies et accidents antérieurs à la souscription, souvent désignés comme « affections préexistantes » ou « antécédents ».
Concrètement, si votre chien souffre de dermatite atopique quand vous l’assurez, les consultations, traitements et analyses liés à cette allergie resteront à votre charge. Le reste, en revanche, peut être couvert.
Ce qui reste couvert
- les accidents survenus après la souscription : fracture, plaie, ingestion de corps étranger, morsure ;
- les nouvelles maladies, sans lien avec les antécédents déclarés, apparues après les délais de carence ;
- selon les formules, une part de prévention (vaccins, vermifuges, bilan annuel), indépendante de l’état de santé.
Ce qui est le plus souvent exclu
- la maladie antérieure elle-même, ses rechutes et ses complications ;
- les affections apparues pendant le délai de carence ;
- très souvent, les maladies héréditaires ou congénitales connues pour la race (certaines dysplasies, par exemple), selon les contrats ;
- dans de nombreux contrats, l’affection « bilatérale » : si un côté était atteint avant la souscription, l’autre côté peut être exclu aussi (voir plus bas).
Pour revoir les bases du fonctionnement de ces contrats (franchise, plafond, taux de remboursement), notre guide pour bien comprendre les assurances animaux reprend l’essentiel.
Ce que l’assureur considère comme « antérieur »
C’est le point le plus important, et le plus variable d’un contrat à l’autre. Selon la rédaction de la clause, une maladie peut être considérée comme antérieure si :
- elle a été diagnostiquée avant la souscription ;
- elle a fait l’objet d’une consultation ou d’un traitement avant la souscription ;
- ses premiers symptômes étaient présents avant la souscription, même sans consultation ;
- elle s’est déclarée pendant le délai de carence.
La troisième formulation est la plus large, et la plus délicate : une boiterie passagère jamais montrée au vétérinaire, retrouvée plus tard dans le dossier médical, peut suffire à faire exclure une pathologie articulaire.
Avant de signer, cherchez dans les conditions générales la définition exacte de la « maladie antérieure ». C’est elle, bien plus que le taux de remboursement affiché, qui détermine ce que vous toucherez réellement.
Le délai de carence : la période où rien n’est couvert
Après la souscription, la plupart des contrats prévoient un délai de carence pendant lequel certaines garanties ne s’appliquent pas encore. Les ordres de grandeur courants :
| Type de sinistre | Délai de carence habituel |
|---|---|
| Accident | Nul ou de quelques jours |
| Maladie | De quelques semaines à environ deux mois |
| Chirurgie liée à une maladie | Souvent plus long, parfois plusieurs mois |
| Prévention (forfait) | Variable, parfois immédiat |
Ces durées dépendent entièrement du contrat : vérifiez-les une par une. Une maladie qui se déclare pendant la carence est en général traitée comme une maladie antérieure, et donc exclue durablement. D’où l’intérêt d’assurer son animal tôt, quand il est en pleine forme.
Le questionnaire de santé : ne jamais rien cacher
À la souscription, l’assureur pose des questions sur l’état de santé de l’animal, ses traitements en cours, ses éventuelles opérations. La tentation de « simplifier » les réponses pour obtenir une meilleure couverture est compréhensible. C’est pourtant une très mauvaise idée.
Le Code des assurances encadre strictement la fausse déclaration :
- si elle est intentionnelle, le contrat peut être annulé, et l’assureur peut conserver les cotisations déjà versées ;
- si elle est non intentionnelle, l’indemnisation peut être réduite en proportion de la cotisation qui aurait été due si le risque avait été correctement déclaré.
Et dans les faits, l’antécédent finit presque toujours par apparaître : lors d’un sinistre important, l’assureur demande fréquemment le carnet de santé ou l’historique de la clinique vétérinaire. Mieux vaut un contrat honnête qui exclut une maladie connue qu’un contrat qui ne vous remboursera rien le jour où vous en aurez vraiment besoin.
Les clauses pièges à repérer
L’exclusion bilatérale
Certaines affections touchent souvent les deux côtés du corps : rupture des ligaments croisés, dysplasie de la hanche ou du coude, luxation de la rotule, certaines maladies oculaires. De nombreux contrats prévoient que si un côté était atteint avant la souscription, l’autre côté est également exclu, même s’il était sain. Pour un chien déjà opéré d’un genou, c’est un point décisif.
Les maladies héréditaires et congénitales
Selon les contrats, elles sont exclues totalement, couvertes seulement si elles n’étaient pas connues à la souscription, ou couvertes avec un plafond spécifique. Pour une race prédisposée, c’est une ligne à comparer en priorité.
Les limites d’âge
Beaucoup de contrats fixent un âge maximal à la souscription, et certains réduisent les garanties ou augmentent fortement les cotisations avec l’âge. Pour un animal déjà âgé et déjà suivi, le choix se réduit : il faut parfois arbitrer entre une couverture limitée et une épargne de précaution dédiée aux soins.
Les maladies redevenues couvrables
Certains assureurs acceptent de couvrir à nouveau une affection passée, guérie depuis longtemps, après une période sans symptôme ni traitement fixée au contrat. D’autres l’excluent à vie. Si votre animal a eu un problème ponctuel, guéri, posez la question explicitement et faites inscrire la réponse dans vos conditions particulières.
Changer d’assurance : attention au piège
Votre animal vieillit, les cotisations augmentent, et une offre concurrente paraît plus avantageuse. Avant de résilier, faites le compte : toutes les maladies apparues sous votre contrat actuel deviendront des maladies antérieures pour le nouvel assureur. Une insuffisance rénale, un diabète ou une arthrose traités aujourd’hui seraient alors exclus du nouveau contrat.
Pour un animal porteur d’une maladie chronique, garder son contrat actuel, même un peu plus cher, est souvent la solution la plus protectrice. Pour savoir précisément quels actes sont pris en charge dans un contrat type, consultez aussi notre article sur les soins couverts par une mutuelle pour chiens.
Comment bien assurer un animal déjà suivi
- Rassemblez son dossier : carnet de santé, comptes rendus, ordonnances, pour répondre au questionnaire avec précision.
- Déclarez tout, même les épisodes qui vous semblent anodins ou guéris.
- Comparez les définitions, pas seulement les prix : maladie antérieure, carence, bilatéralité, héréditaire.
- Demandez par écrit ce qui sera exclu dans votre cas précis, avant de signer.
- Calculez l’intérêt réel : si l’essentiel des dépenses prévisibles concerne la maladie exclue, une épargne dédiée peut être plus pertinente qu’une cotisation.
- Pour vos prochains animaux, assurez-les jeunes, avant tout souci de santé : c’est le moment où la couverture est la plus large et la moins chère.
Un animal déjà malade n’est pas un animal inassurable. C’est un animal pour lequel il faut lire les contrats avec plus d’attention que les autres, et choisir en connaissance de cause ce que l’assurance couvrira, et ce que vous continuerez à financer vous-même.
Vos questions
+ Peut-on assurer un chien ou un chat déjà malade ?
Oui, dans la plupart des cas, à condition qu'il respecte les critères du contrat, notamment la limite d'âge à la souscription. En revanche, la maladie dont il souffre déjà, et souvent tout ce qui en découle, sera exclue de la garantie. L'assurance couvrira les accidents et les nouvelles maladies sans lien avec ses antécédents.
+ Qu'est-ce qu'une maladie antérieure en assurance animale ?
C'est une affection dont les premiers signes, le diagnostic ou les soins sont antérieurs à la date de souscription, ou survenus pendant le délai de carence. La définition exacte varie selon les contrats : certains retiennent la date du diagnostic, d'autres l'apparition des premiers symptômes, même sans consultation. C'est donc la première clause à vérifier.
+ Que risque-t-on si on ne déclare pas une maladie à l'assureur ?
Le Code des assurances sanctionne la fausse déclaration. Si elle est intentionnelle, le contrat peut être annulé et les primes conservées par l'assureur. Si elle ne l'est pas, l'indemnisation peut être réduite. En pratique, l'assureur demande souvent le carnet de santé ou l'historique vétérinaire lors d'un sinistre important : l'antécédent finit presque toujours par apparaître.
+ Combien de temps dure le délai de carence ?
Il varie selon les contrats et le type de sinistre. Il est en général court, voire nul, pour les accidents, de l'ordre de quelques semaines à deux mois pour les maladies, et parfois plus long pour les interventions chirurgicales liées à une maladie. Une affection qui se déclare pendant ce délai est le plus souvent considérée comme antérieure et donc exclue.
+ Une maladie chronique soignée sous mon contrat actuel restera-t-elle couverte si je change d'assureur ?
Généralement non. Pour le nouvel assureur, cette maladie devient une affection antérieure à la souscription et sera exclue. C'est l'un des principaux pièges du changement d'assurance chez un animal vieillissant : comparez toujours ce que vous perdez avant de résilier un contrat qui couvre déjà une maladie chronique.
+ Mon chat a fait une cystite il y a deux ans, guérie depuis : sera-t-il exclu à vie ?
Tout dépend du contrat. Certains assureurs excluent définitivement toute affection déjà rencontrée, d'autres acceptent de la couvrir à nouveau après une période sans symptôme ni traitement fixée au contrat. Déclarez l'épisode, posez explicitement la question et demandez que la réponse figure par écrit dans les conditions particulières.